Beta Simon

  • Biography
  • Links

Sa musique et ses chansons chantées en Bété, sa langue maternelle, mais aussi en Baïssadé, la langue qu’il a lui-même inventé, en Moré, en Sénoufo, en Dioula, en Wolof et bien d’autres langues encore, ont fait de BETA SIMON, auteur, compositeur, interprète ivoirien, depuis les années 90, un artiste dépassant très vite les frontières de la Côte d’Ivoire, et s’imposant comme un artiste phare sur l’Afrique de l’ouest. BETA SIMON se distingue par sa haute culture des proverbes et des contes Bété.
C’est en 1982, qu’il aura ce qu’il appelle lui-même la grande illumination à travers l’inspiration
musicale. Pour la première fois, BETA peut se flatter d’atteindre la paix intérieure, de vivre en
harmonie avec lui-même et les autres. Conteur, maître des proverbes, chanter lui permet d’exprimer la richesse de sa culture à travers les schémas bien définis d’une langue.
Pour BETA, la langue est l’âme d’une culture. Elle est le reflet de la manière dont le groupe qui la
parle perçoit et structure la réalité en fonction de ses besoins. Maîtriser une langue, c’est maîtriser la vision qu’elle donne aux choses et au monde. Or il remarque que la langue Bété (sa langue natale) se pervertit au contact des langues occidentales. Truffée de mots d’emprunts, il est aujourd’hui difficile d’exprimer tout l’univers du sens Bété avec des mots adéquats, authentiques et originaux. Aussi recommande-t-il de revenir à la langue originelle du Bété pour pouvoir exprimer sa culture. Cette langue, c’est le Baïssadé (la manière de parler de Bailly, son vrai prénom à l’Etat civil). On ne peut parler de création, car cette langue existait déjà, mais plutôt de réhabilitation. La nouveauté, c’est le changement d’intonation dans la nouvelle façon de parler qui s’apparente quelque peu avec l’accent anglophone. C’est cette langue qui sert de socle à ses compositions musicales. Elle n’est hélas plus l’apanage de tous, mais seulement de ceux qui ont une oreille attentive, ou ceux à qui l’âme des ancêtres parle encore et toujours.
C’est la langue de la nature, des cris d’oiseaux, du sifflement des vents, de l’écoulement de
l’eau, de l’innocence et de la souplesse des animaux, de toutes les images possibles...
Néanmoins, afin de mieux vulgariser le Baïssadé, il va lui trouver un alphabet et une structure
sémantique. Ayant voyagé de part et d’autre en Afrique, il peut voir dans le Baïssadé le creuset de
l’unité et de la dynamique culturelle Africaine. BETA ne dit pas que l’artiste ne doit pas s’engager.
L’artiste en effet se doit de critiquer, d’informer et d’éduquer. Mais il ne doit pas se limiter à ce
rôle, apanage des intellectuels et des politiciens. L’artiste doit également se préoccuper de
l’esthétique, de la beauté de la mélodie. Le seul message artistique qui s’impose à tous, au-delà de nos différences idéologiques, politiques et raciales, c’est le message de la beauté et de l’amour.. Conscient de ce fait, Beta privilégie la mélodie dans ses oeuvres musicales. Sa musique parle d’abord au corps avant de parler à l’intellect. C’est une musique qui se veut une excitation totale, une décharge complète de l’émotion prenant en compte toute la sensibilité.